IL A PARTAGÉ MON NUDE
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APPRENDS À IDENTIFIER LES VIOLENCES
Notre campagne Gênant ? Surtout violent s’appuie sur l’étude « (Cyber)violences de genre chez les 11-18 ans : victimations sexistes, sexuelles et LGBTphobes dans des collèges et lycées franciliens »,
coordonnée par le Centre Hubertine Auclert. Elle a pour objectif de mieux faire connaître ces violences,
d’en expliquer les mécanismes, et de partager des ressources concrètes pour agir,
prévenir et accompagner les personnes concernées.
Gênant
Violent
Comprendre les (cyber)violences de genre
Les (cyber)violences de genre désignent l’ensemble des violences sexistes et LGBTQIA+phobes que subissent les personnes en raison de leur genre, de leur orientation sexuelle ou du non-respect des normes attendues (être « un vrai garçon », « une vraie fille », etc.).
Elles peuvent se produire en face-à-face ou en ligne (messages, réseaux sociaux, images partagées…).
En réalité, il n’y a pas de séparation entre le « en ligne » et le « hors ligne » : ces violences circulent entre les deux espaces, souvent au sein même des établissements scolaires. C’est pourquoi on parle de (cyber)violences de genre, avec des parenthèses pour montrer cette continuité.
Des violences multiples, systémiques et très répandues
Les élèves vivent souvent plusieurs formes de violences en même temps, ou à la suite les unes des autres. On parle de continuum des (cyber)violences de genre : il traverse les âges, les espaces, les relations (intimes, scolaires, amicales…).
Elles peuvent être psychologiques, sexuelles, physiques ou sociales, et visent à faire respecter un ordre de genre inégalitaire, où les filles et les personnes LGBTQIA+ sont mises à l’écart ou ramenées à des normes dominantes.
Les élèves LGBTQIA+ et les filles en première ligne
Les (cyber)violences de genre découlent des inégalités entre femmes et hommes. Elles reposent sur des normes qui hiérarchisent le féminin et le masculin et assignent à chacun une « place » selon son sexe. Les femmes, les personnes LGBTQIA+, en particulier les personnes trans et non binaires, sont plus exposées à ces violences car elles bousculent ces normes dominantes. Ces violences cherchent ainsi à maintenir une forme de domination sur elles.
Contrairement à l’idée générale sur une relation amoureuse, être un couple est un facteur de risque de vivre des violences (psychologiques ou sexuelles ) pendant la relation ou après sa fin.
La rupture est un moment particulièrement à risque de violences car l’agresseur va chercher à continuer à exercer une domination sur la victime et à la contrôler.
Ces (cyber)violences ne sont pas une fatalité !
De nombreuses ressources et pistes d’actions concrètes existent pour les prévenir, les identifier et agir collectivement. Cette campagne est là pour vous soutenir et vous orienter que vous soyez victime ou témoins de ce type de violence.
des élèves déclarent avoir été victimes d’au moins une (cyber)violence.
ont été victimes d’au moins une (cyber)violence sexuelle.
seulement des victimes parlent à un adulte de l’établissement.
1
ÉLÈVE
/2
a subi six violences ou plus depuis le début de l’année scolaire.
DE RISQUE
de subir des violences psychologiques à haute intensité quand on est une fille.
x2
Être perçu·e comme LGBT+ double presque le risque de subir des violences à haute intensité.
Comment agir ?
Tu as été victime d’une (cyber)violence de genre ?
Tu n’es jamais responsable de ce qui t’est arrivé. Ces (cyber)violences sont interdites par la loi, et tu as le droit d’être écouté·e et protégé·e.
Tu n’es pas seul·e : de nombreuses associations et professionnel·les peuvent t’accompagner.
Ce que tu peux faire
- En parler à un adulte de confiance (enseignant·e, CPE, personnel médical, vie scolaire, famille).
- Contacter des associations spécialisées qui sauront t’écouter proposant une aide psychologique, juridique, et t’accompagner dans tes démarches.
- Si tu le souhaites, porter plainte ou faire un signalement en ligne (arretonslesviolences.gouv.fr).
- En cas d’urgence : 17 (police) ou 114 (par SMS).
- En plus des ressources présentées ici, tu peux aussi trouver des infos et témoignages spécifiques sur le cybersexisme sur la plateforme : stop-cybersexisme.com
Des associations pour t’accompagner
En Avant Tout(e)s
association qui soutient les jeunes femmes et personnes LGBTQIA+, victimes de (cyber)violences sexistes et sexuelles : enavanttoutes.fr et tchat gratuit et anonyme commentonsaime.fr
E-enfance
association qui protège les enfants sur internet et lutte contre le (cyber)harcèlement :
e-enfance.org et numéro 3018 (numéro national unique de signalement des situations de harcèlement et de cyberharcèlement entre élèves)
Point de Contact
plateforme pour signaler des contenus illicites en ligne : pointdecontact.net
StopFisha
association féministe luttant contre les cyberviolences de genre : stopfisha.org
Planning Familial
association qui informe et accompagne sur la sexualité, la contraception et les violences : planning-familial.org
Retrouve les dispositifs d’accompagnement des femmes victimes de (cyber)violence en Île-de-France sur orientationviolences.hubertine.fr
Tu as été témoin d’une situation de (cyber)violence de genre ?
Insultes, vidéo partagée, moqueries, outing…? Ton rôle est essentiel : ne pas rester spectateur·rice, c’est déjà aider.
Ce que tu peux faire
- Montrer ton soutien : aller voir la personne, lui dire qu’elle n’est pas seule et qu’elle n’est pas responsable de ce qui s’est passé.
- Ne pas laisser circuler la violence : ne partage pas, ne commente pas, ne like pas. Si tu peux, demande aussi aux autres d’arrêter.
- Alerter un adulte de confiance : un·e enseignant·e, un·e CPE, la direction, le personnel médical ou de vie scolaire. Même si ça te semble difficile, c’est une étape importante.
- Signaler le contenu : utilise les outils des réseaux sociaux ou appelle le 3018 (e-Enfance) pour un signalement rapide.
- Encourager la victime à demander de l’aide : rappelle-lui qu’il existe des associations spécialisées (StopFisha, En Avant Toute(s), Planning Familial…) et que des personnes sont là pour l’écouter et l’accompagner.
- Tu veux comprendre comment réagir face à une situation de cybersexisme en ligne ? Découvre des conseils pratiques sur :
stop-cybersexisme.com
Les messages à transmettre aux victimes
Quand tu soutiens une personne victime, les mots que tu choisis comptent beaucoup. Tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses : l’essentiel est de lui montrer que tu la crois, que tu es là pour elle et qu’elle n’est pas seule. Voici quelques phrases simples que tu peux dire pour l’aider à se sentir entendue et respectée :
Si la victime doute de sa perception :
« Je te crois, ce n’est pas ton imagination »
Si la victime culpabilise :
« Tu n’y es pour rien »
Si la victime justifie le comportement de l’agresseur :
« Il n’avait pas le droit, c’est interdit par la loi »
Si la victime semble isolée :
« Tu n’es pas seule, je suis là pour t’écouter et t’aider »
Si la victime culpabilise :
« Tu as le droit de faire ce que tu veux de ton corps et de ta vie intime, tant
que c’est librement consenti par toutes les personnes concernées. Ce n’est jamais à quelqu’un d’autre de décider à ta place ou de partager des contenus
intimes sans ton accord.»
Tu as participé à une (cyber)violence de genre ?
En filmant, partageant, te moquant ou en lançant une rumeur ? Peut-être que tu n’avais pas conscience de la gravité de ton geste.
Pourtant, ces actes peuvent faire très mal, isoler une personne, détruire sa confiance en elle… et ils sont aussi punis par la loi.
Ce que tu peux faire
Arrêter immédiatement : supprime les contenus, retire les publications, mets fin aux moqueries.
Présenter tes excuses : reconnaître ton erreur et dire que tu regrettes est une première étape importante.
Réfléchir à l’impact : demande-toi ce que tu ressentirais si ça t’arrivait. Humiliation, honte, peur… c’est ce que vit la personne concernée.
Chercher à comprendre : tu peux en parler à un adulte de confiance (enseignant·e, CPE, parent, association) pour trouver de l’aide et comprendre pourquoi ce comportement est violent.
T’engager à ne pas recommencer : apprendre de ton erreur, c’est la meilleure façon de ne pas reproduire les violences à nouveau.
Si tu veux réfléchir à tes comportements en ligne et mieux comprendre ce qu’est le cybersexisme, retrouve des explications et des outils sur : stop-cybersexisme.com
Les risques encourus
Partager une photo ou une vidéo intime sans accord
C’est une atteinte à la vie privée (article 226-2-1 du Code pénal).
Risque : jusqu’à 2 ans de prison et 60 000 € d’amende.
Créer ou partager un deepfake sexuel sans consentement
C’est une atteinte à l’image et à la dignité (article 226-8 du Code pénal).
Risque : jusqu’à 3 ans de prison et 75 000 € d’amende si diffusé en ligne.
Menacer de diffuser un contenu intime (sextorsion)
C’est du chantage (article 312-10 du Code pénal).
Risque : jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.
Envoyer une “dickpic” non consentie
C’est un outrage sexiste ou une exhibition sexuelle (articles 621-1 et 222-32 du Code pénal).
Risque : jusqu’à 1 an de prison et 15 000 € d’amende.
Insulter ou harceler une personne (en ligne ou hors ligne)
C’est du harcèlement moral ou sexuel (articles 222-33-2-2 et 222-33 du Code pénal).
Risque : jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende (cyberharcèlement).
gênant ? surtout violent
Test tes connaissances avec le quiz interactif
Face à des situations réelles de violences numériques, saurez-vous reconnaître de quoi il s’agit vraiment ? Deepfake, outing, revenge porn… Apprenez à nommer ces violences pour mieux les comprendre, les dénoncer, et ne plus jamais les banaliser.
Le glossaire des (cyber)violences de genre
Backlash
« Retour de bâton » : réaction sociale ou politique visant à stopper ou annuler les progrès vers l’égalité (ex. des droits des femmes ou des personnes LGBTQIA+).
Ce terme a été théorisé par Susan Faludi (1993).
Bodycount
Le bodycount, terme d’origine militaire signifiant « décompte de morts », désigne aussi le nombre de partenaires sexuels d’une personne. Il est souvent utilisé pour discréditer ou rabaisser les filles, tout en valorisant les garçons pour les mêmes comportements. C’est une forme de surveillance sociale du corps et de la sexualité, basée sur une logique patriarcale.
Bodyshaming
Forme de moquerie ou de dénigrement centrée sur l’apparence physique.
Compte fisha
Compte (souvent Instagram ou Snapchat) qui publie des photos intimes de jeunes filles sans leur consentement, dans le but de les exposer, humilier ou punir.
Cyberharcèlement
Violences répétées en ligne (messages, insultes, menaces…), dirigées contre une personne cible. Cette violence repose sur 3 critères : intention de nuire, répétition, et déséquilibre de pouvoir (la victime ne peut pas se défendre seule).
Cybersexisme
Violences sexistes exercées à travers le numérique : insultes, chantage, moqueries, pressions sexuelles, etc.
Cyberviolence
Violence exercée via des outils numériques (réseaux sociaux, messages, jeux vidéo…).
Elle peut être ponctuelle ou répétée : insulte, humiliation, rumeurs, vidéos diffusées, etc.
Deepfake
Les deepfakes (« hypertrucages ») sont des contenus truqués souvent indétectables, créés avec l’IA en superposant le visage d’une personne sur un autre corps. Un deepfake à caractère sexuel utilise visage ou voix d’une personne dans un contenu sexuel, sans son consentement, pour humilier, menacer ou faire du chantage.
Dickpic
Photo de pénis envoyé sans consentement.
Partage de contenu intime non consenti
Diffusion sans consentement de contenus intimes (photos ou vidéos), souvent pour nuire à la réputation de la personne.
Ghosting
Disparition soudaine et sans explication d’une personne avec qui on avait un lien (amoureux, amical, intime…) et qui arrête de répondre à nos message, nous ignore, agit comme si l’on n’existait plus.
Grooming
Quand un adulte se fait passer pour un jeune afin de manipuler une personne mineure gagner sa confiance et obtenir des contenus ou actes sexuels.
Happyslapping
Filmer une agression (physique ou sexuelle) et diffuser la vidéo pour humilier ou menacer la personne.
Love bombing
Tactique de manipulation qui consiste à envoyer beaucoup d’attention, d’affection ou de compliments pour créer une relation intense… puis devenir brutalement distant.
Mégenrage
C’est le fait de désigner une personne par un genre ou un prénom qui ne correspond pas à son identité de genre. C’est une violence LGBTQIA+phobe.
Outing
Révélation de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre d’une personne sans son consentement. C’est une violence LGBTQIA+phobe.
Raids numériques
Attaque collective en ligne, souvent coordonnée, sur une personne (commentaires haineux, messages en masse…), parfois suivie de violences hors ligne.
Sextorsion
Menace de diffusion de contenus intimes pour obtenir d’autres images, des actes sexuels, de l’argent ou autre chose.
Slutshaming
Menace de diffusion de contenus intimes pour obtenir d’autres images, des actes sexuels, de l’argent ou autre chose.
Stalking
Surveillance insistante, répétée et intrusive d’une personne (traçage GPS, espionnage de messages, filature…).
Vidéolynchage / Happyslapping
Filmer une agression (physique ou sexuelle) et diffuser la vidéo pour humilier, se venger ou menacer la personne.
KIT DE COMMUNICATION
STOP(CYBER)VIOLENCES
QUI SOMMES-NOUS
Le Centre Hubertine Auclert est un organisme public engagé pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Il accompagne les professionnel·les, les associations et les collectivités dans leurs actions, développe des ressources et mène des campagnes pour faire reculer les violences sexistes et les inégalités de genre.
STOP(CYBER)VIOLENCES
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